Mardi 31 décembre 2019 - 16h48

Dominique nique nique
Ce qui est cool avec le bateau, c’est que t’as pas besoin de tourner autour du pot trop longtemps avant de comprendre que ça sent pas la rose.
"Si tu ne veux pas connaître la réponse, pose pas la question". Cette devise qui était celle qui avait cours sur Lullaby il y 4 ans n’a plus sa place aujourd’hui. Trop tard, les réponses aux questions à peine évoquées se pointent en masse et dans le désordre, un bordel qui me rappelle un peu la Chambre de Nico. C’est dire ! Alors évidemment ça perturbe un peu. Un CRS n’y retrouverait pas son LBD. Du coup, une phrase me revient régulièrement en tête, porteuse de vérité mais aussi de bonne humeur : Sometimes you hit the bar, sometimes the bar hits you. (le cowboy au bar du bowling dans The Big Lebowski). Passé le mal de crane et la gueule de bois, ça commence à ouvrir des perspectives. Et il faut bien avouer que c’est plus facile quand tu trouves une oreille attentive et éclairée pour en parler. C’est mon cas. Encore une facétie de ma bonne étoile qui a la bonne idée de briller sans discontinuer depuis pas mal de temps.
Ce matin, c’est beau temps. Je parle pas de météo car ici, le beau temps, c’est comme les arrêtes dans le poisson ou le beurre salé en Bretagne. Y’a pas moyen d’y couper. Mais c’est aussi dans la tête ce matin. Pourquoi ? Sans doute grace à mes échanges avec ma bonne étoile. Et puis hier, parler avec Marie m’a rappelé qui je suis. A présent que j’évoque sans détour un autre avenir à ce voyage, je sens que celui-ci va devenir beaucoup plus agréable. Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’il ne faut jamais oublier de vivre le présent. Putain, je le savais, j’avais tout révisé avant de partir, table de multiplication par 7, verbes irréguliers en anglais, les trains qui se croisent entre Paris et Strasbourg, le nom des 7 nains, tout ça. Et bah malgré ça, je m’suis fait baisé comme un bleu. Un jour, quand je serai grand, je ferai tout bien du premier coup…
J’ai pas mal marché ici depuis 10 jours, et j’ai beaucoup pensé à Marine et Fab. Fab en particulier, qui se serait fondu instantanément dans la nature primaire qu’on trouve ici. Tout est jeune car Maria, l’ouragan, a tout détruit il y a 3 ans. Mais la nature sait se reconstruire très vite ici, elle est même faite pour ça.
Je viens d’avoir des nouvelles de mon pote Jean-Christophe que je vais sans doute voir ce week-end. Il y a 4 ans, j’étais passé le voir après 15 ans sans se donner de nouvelles. Passé l’étonnement de se revoir, le temps d’adaptation à éviter le passé qui par définition n’est plus, nous avons retrouvé avec plaisir ce qui faisait notre amitié il y a si longtemps. Le simple fait de penser à lui me donne envie de rire. Notre amitié était tout sauf morose, c’est toujours le cas.
Nous allons donc quitter la Dominique, je vais débarquer mon équipage qui a d’autres chats à fouetter. C’est le bon moment après un mois de vie en collectivité sur un bateau de 12m. Je suis content de les avoir embarquées et l’expérience se renouvellera peut-être.
Aujourd’hui c’est le dernier jour de l’année. Il y a 1 an, j’étais à Bruxelles pour un séjour exigeant chez Marine. Avec mon dicernement légendaire, je n’avais même pas remarqué qu’elle ne buvait plus d’alcool, toute enceinte qu’elle était. aujourd’hui, on va sans doute se lacher un peu niveau picole mais pas tant. Déjà parce que la bière aux Antilles, c’est comme le ski dans le massif central, et puis surtout parce que la marche suivante ici est sacrément raide, à base de rhums assassins. Mais bon, comme le dit mon philosophe préféré, mi-ours, mi-sanglier, et totalement viking : « C’est pas l’flacon qui murge ! ».
Happy new year from Dominica.

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