Samedi 6 avril 2019 - 18h30 TU - 11h16

J'ai passé une journée très active.
En bateau, la question n'est jamais : qu'est-ce je pourrais bien faire.
La 3ème nuit depuis le départ approche et je l'ai bien méritée. Quand j'y pense, ça a quelque chose d'absurde de se mettre dans ces conditions et de résoudre les problèmes que cela entraine. Mais c'est une erreur de point de vue. En vrai, pour avoir la chance de se retrouver en plein Atlantique, avec une houle majestueuse et un peu flippante, de voir un oiseau de mer qui aurait mérité d'être un albatros tourner autour du bateau et jouer avec les 25 noeuds de vent, cela demande quelques efforts. En fait, ce ne sont pas des efforts au sens de corvées. C'est un effort pour être dans le ton. Et être dans le ton, c'est être vif, intelligent, dominer sa crainte, et se satisfaire d'accomplissements simples. Réparer des feux de navigations noyés par les paquets de mer la nuit dernière, à l'avant du bateau dans des conditions assez animées, il faut réfléchir avant. Surtout en solo. Quand on est dans le ton, on réfléchit avant d'agir, on prend des risques parfaitement maitrisés, on fournit l'effort nécessaire et on obtient la récompense qui n'est pas le simple résultat recherché, en l'occurence avoir des feux de navigation pour la prochaine nuit, mais qui est bien plus. Une sorte de sentiment de pleinitude qui rend plus conscient du monde qui nous entoure.
Ce soir, j'écris ces lignes depuis le carré. Olives, rondelles de saussisson et bière canarienne. Le soleil vient par intermittance m'éblouir depuis le hublot de la cabine babord. Demain dans la matinée, je verrai les côtes marocaines avant d'arriver à Agadir vers la mi-journée. Je suis content d'être ici.

sillage
Sillage de Lullaby entre Canaries et Maroc

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