Lundi 11 mars 2020 - 05h38

Adieu Cuba.
Ce soir nous quittons l’île de Cayo Blanco de Casilda pour rejoindre le Mexique. 3 semaines à Cuba, c’était bien. On repart avec plus de questions qu’en arrivant. Les certitudes d’avant se sont transformées en besoin de comprendre comment les choses se passent ici. Ces 2 monnaies dont l’une va probablement disparaître rapidement, sans doute sous la pression du FMI, créent un mode de vie tout à fait particulier. Les journaux locaux décrivent à longueur d’article comment l’embargo est à l’origine de toutes les difficultés d’approvisionnement. C’est probablement un peu vrai mais il y a autre chose. l’impossibilité durant des décennies de recueillir le fruit de son travail à titre personnel a tué toutes envie d’investissement personnel. L’état qui s’occupe de tout est rendu responsable de tous les problèmes mais on attend toujours qu’il apporte les solutions. Ensuite, il y a une diversité de situations assez incroyable. Entre un travailleur de Pilon et un membre de la jeunesse dorée de Cienfuegos, c’est pas seulement une différence économique énorme mais un monde tellement différent que j’imagine qu’aucun des 2 ne peut s’imaginer la situation de l’autre.
J’ai adoré venir à Cuba. J’y ai trouvé de quoi toucher mon romantisme en voyant ce rêve d’une autre époque qui s’inscrit un peu partout sur les murs des villes. « Patria o muerte », ça me touche définitivement.


ça change de méluche

On est samedi matin 7 mars. On file droit sur Cancun avec des conditions énergiques qui vont se renforcer la nuit prochaine. Du coup, on devrait arriver au Mexique dans la journée de lundi. Hier, j’ai envoyé un sms à Tristan pour son anniversaire, j’espère qu’il l’a reçu. Je sais que s’il avait été avec moi à Cuba, on aurait décuplé notre plaisir de voir la vie anachronique se dérouler à Cuba. Pour un peu, on aurait appris l’hymne national « ...morir por la patria, es vivir... ». Julien lui nous encouragerait en sirotant un mojito tout en se demandant comment j'ai fait jusqu'ici pour m'en sortir en étant aussi naïf. c'est ça aussi que j'aime chez mes garçons.
Hier, pour notre dernière journée sur le sol cubain, on a rencontré des touristes français, nordistes plus exactement, venus passer la journée sur l’île sur catamaran-charter. Passée notre suspiscion habituelle liée à leur qualité de touristes, français qui plus est, on s’est très vite rendu compte que ces 2 gars étaient vraiment cool. L’un d’eux travaille dans le développement web et est resté une heure à notre table. La 1ère chose qu’il nous apprend, c’est que chez lui, dans le nord, il pleut depuis mille ans. Ensuite, il nous renseigne sur l’état du monde et de la France concernant la pandémie de coronavirus. A 2 doigts de nous foutre les jetons le gars. Effectivement, ça a l’air sérieux le truc. Aussi sérieux qu’une élection américaine ou une réforme des retraites. Dans quelques temps, on découvrira que c’est à Davos que s’est décidé la création du virus par croisement des gènes de Boris et de Donald. De quoi foutre les jetons effectivement.


Petit tour en haut de mon bateau


Cayo Blanco

La fin du voyage aller se précise. J’ai dis que le retour serait l’occasion de passer en Irlande. Plus de limite à mes ambitions nautiques depuis que j’ai accepté de dormir sur une couchette trempée et de marcher sur les murs. Un jour, je travaillerai sur la terre ferme et le confort me paraîtra irréel. Si ça se trouve, Roisin ne sera pas retenue au Mexique et décidera de faire le retour avec nous. Elle en parle. Je me rend compte que c’est déjà la personne qui a passé le plus de temps sur le bateau, à part moi. Des points communs, on en a, c’est sur. On arrive même à supporter les moments d’agacement profond qui arrive de temps en temps. La rancune ne fait pas partie de notre monde, ni à elle, ni à moi. Du coup, elle me montre souvent des aspects de ce que je suis qui sont sans doute perfectionables…


Notre ami le chien cubain

On est dimanche soir et il reste 100 milles à parcourir avant d'arriver à Isla Mujeres, près de Cancun. 280 milles en 48h, ça avance. Pour le confort, c'est autre chose. Le vent, souvent au-delà de 30 noeuds et la mer, souvent au-delà de 4m, font danser Lullaby plus que de raison par moment. Mais malgré quelques embardées sévères, dans l'ensemble ça se passe bien. On sera au Mexique probablement demain matin.


Fin de voyage aller

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