Jeudi 3 octobre 2019 - 16h48

Du bonheur d’être seul. Et de picoler…
Seul, on ne l’est jamais vraiment, ou plutôt on l’a toujours été, au milieu du tumulte. Cette agitation permanente que la vie « moderne » nous impose. Réfléchissons un peu.
De quoi est fait le monde qui nous entoure ? Comment décririons-nous le milieu dans lequel nous évoluons ? La première sensation qui me vient à l’esprit, c’est l’information. Au sens physique du terme. Nous sommes baignés, noyés, dans un flot d’information permanent jusqu’à la nausée. Quelle est la première aptitude de l’homme, ou de la femme, disons de l’humain, du XXIème siècle. C’est sa faculté à capter, recevoir, avaler, un volume d’information sans précédent. Que l’on se pose un instant pour établir une sorte d’inventaire dynamique du flux d’information auquel on est soumis dans une journée.
Pour cela, nous devons impérativement recenser les médias qui nous accompagnent dans notre vie « moderne ». En 1er lieu bien sur, il faut mentionner le téléphone ou smartphone, ou iPhone ou tout autre substantif permettant de désigner ce dispositif portable, qui nous accompagne en toutes circonstances, dont les fonctions sont les suivantes : Communiquer (En mode bi-directionnel), être informé (en mode uni-directionnel descendant). En terme de volume, il faut remarquer que ce second mode est largement prépondérant. Et ce n’est pas anodin. Ensuite, le quotidien va nous conduire à sortir de notre tanière pour y tenir notre rôle, plus ou moins bien écrit, parmi les hommes. Et là, il faut bien se rendre à l’évidence, c’est l’overdose. Visuelle, auditive, olfactive (le bruit et l’odeur de Saint Jacques), sensitive même pour qui pratique les transports en commun. Ça fait beaucoup pour un seul homme !
Enfin, il ne faut pas négliger le phénomène des répliques. Comme après un tremblement de terre, toutes ces sollicitations de nos sens vont générer des répliques dans notre cercle intime, s’il existe. Honnêtement, si on y songe précisément, de quoi sont faits nos apéros dînatoire (j’adore cette expression), si ce n’est de régurgitations de ce trop plein d’information qui nous gavent jusqu’à en vomir ? Mais pouvons-nous dire pour autant que le résultat est à la hauteur du foie gras ?
Mais trêve de sarcasmes, nous ne sommes pas coupables. « J’ai pas demandé à vivre ».
Comment supporter, expliquer, comprendre, de telles contraintes ? Comment trouver un sens, une place, dans ce torrent d’information. Une réaction « instinctive », à l’image du chien qui hurle, glapit et bave quand tout le monde autour de lui s’agite et hurle, glapit et bave, est de soi-même tenter de surnager en hurlant plus fort. C’est intrinsèquement la fonction d’application comme Twitter ou Facebook. Il suffit de parcourir un instant les hashtags du moment pour s’en convaincre. Malheureusement, mais évidemment aussi, aucun secours n’est à attendre de ce coté là. Bien au contraire ! Pour une simple raison, c’est qu’il s’agit là de la version numérique du bouillon d’ego dans lequel nous nous noyons. Aucune réflexion à attendre de post dictés par l’angoisse de n’être rien dans un monde omniscient.
Alors quoi ? Que faire ? Comment faire pour continuer à « pousser son petit bordel » ?
Je commence à avoir une petite d’idée.
Voilà un mois que je suis parti en bateau, poursuivre un rêve d’enfant, puéril, fait de chansons de Brel, de peinture de Gauguin, de fleur de tiaré et de Crabe tambour… Mais chemin faisant, je suis amené à vivre dans ce milieu bien particulier du voilier de 12m. Je m’y sens bien. Je rencontre des gens comme moi, pas identiques mais qui vivent dans les mêmes conditions que moi. Nous n’avons pas tous les mêmes histoires, les mêmes moyens de subsistance, les mêmes façons de vivre,mais nous avons tous quelque-chose en commun. Ce besoin de retrouver le sens de l’humanité. Et justement, nos différences vues à travers le prisme de la bienveillance sont autant de joyaux offerts à notre naïveté. Peut-être qu’un jour j’arriverai à trouver ma cohérence, c’est pas encore fait. Mais je sens bien que je m’en rapproche. Étonnante aptitude pour quelqu’un d’aussi conditionné que moi. Voilà donc un début de piste. Les jours qui viennent vont me donner certaines réponses qui je le pressens seront mon carburant pour aller plus loin dans ce voyage.
En attendant, na zdrowie !

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